sjm : Etape 7 - Samedi 14 Juillet
Par Kecily, dimanche 22 juillet 2007 à 20:38 :: Swiss Jura Marathon :: #258 :: rss
Etape de Eich à Bâle, distance parcourue 27 km (avec un dénivelé de +550m / -960m), durée de ma course : 2h15'38
Bien dans ma tête
Pour que la fête soit plus belle, les organisateurs ont imaginé un départ décalé des coureurs du 350 K, façon contre la montre cycliste avec départ des plus lents en premier, de manière à ce que tout le monde arrive plus ou moins en même temps à Bâle.
J'ai tout aimé de l'étape d'hier et ce matin je suis sereine. La dernière étape s'annonce similaire quant au profil, et sans doute moins éprouvante car les pentes seront moins abruptes.
Il fait chaud ce matin, le soleil tape déjà, mais c'est bon de sentir ses rayons nous éblouir et nous réchauffer. Avant 10h00 (l'heure de notre départ), la phénoménale Carmen (seule femme encore en course sur le K350) passe déjà au poste de ravitaillement 2 et s'élance devant nous sous nos encouragements. On démarre par une belle côte assez courte dans laquelle Manuela et Sam (les deux autres filles du K175) me doublent. Pour la première fois depuis le départ du Swiss Jura, je suis en dernière position -_^ mais tout va bien, ce ne sont que les premiers mètres, je me sens bien, j'ai confiance. D'ailleurs je les reprends dès la première descente, et je rejoins Kristof.
Ensemble
On enchaîne montées et descentes, le long d'une crête sur un beau chemin facile et ombragé. Malgré l'ombre, il fait déjà chaud et l'eau de mon sac à dos est déjà tiède. On court en prenant des relais, tantot Kristof est devant, tantôt c'est moi. On essaye de se motiver pour relancer, on convient de reprendre notre souffle en marchant dans les passages ombragés. Sur un très beau chemin ombragé en pleine forêt, on dépasse Carmen avec laquelle on échange des encouragements.
A environ un tiers du parcours, la grosse difficulté du jour se dresse : une belle bosse bien pentue en plein soleil et sur bitume. La récompense de l'histoire, c'est qu'il y a des cerisiers lourds de fruits tout le long de la route. Kristof s'arrête pour en cueillir quelques unes, m'en proposent, mais je refuse de peur d'être malade (mes intestins sont déjà bien assez dérangés comme ça !).Derrière nous, Manuela et Carmen qui courent, alors que nous marchons dans la côte, se rapprochent.
Enfin, on aborde un plateau légérement montant en forêt. C'est ombragé, très peu technique et très agrèable à courir. Nous sommes bientôt escortés par Urs et un autre VTTiste qui nous ouvrent la voie. Il y a ensuite une grande descente sur bitume et au bout, le ravitaillement 3 auquel on arrive en 1h15. 1h15 pour les 13 premiers km ? Cool, on est dans les rails, ça marche bien aujourd'hui ^_^
Dernier ravitau
Au ravitau, je bois 2 verres entiers, un de thé froid sucré et un d'eau. Juste après il y a une dernière montée dans laquelle on s'accorde des pauses en marchant pour laisser un peu de temps à notre estomac de faire ce qu'il a à faire avec ce que l'on vient d'ingurgiter. Ensuite, on s'engage sur un très joli chemin en forêt. Au début, il est très étroit et procure des impressions de vitesse démentes : je crie de joie, c'est le pied intégral.
Descente vers Bâle
Je me place devant et commence la descente en tête. Je suis seulement précédée des VTTs et je vis un truc dingue. Les images se bousculent dans ma tête. Je me sens bien, j'ai l'impression de courir vite sans me fatiguer. Je voudrais que ça dure encore et encore. Je suis sur un nuage, je réalise que l'arrivée n'est plus qu'à une dizaine de km. Je sirote mon miel et bois régulièrement.Petit à petit je distance Kristof qui a sans doute mal au pied, mais je ne veux pas ralentir, j'ai envie d'arriver, j'ai envie d'aller vite. Après 6 km de descente sur ce beau et large chemin forestier très frèquenté par des VTTistes et des promeneurs en ce samedi matin, on rejoint la rivière au bord de laquelle se courent les 6 derniers km sur terrains variés (chemin forestier, piste cyclable, pelouse).
Dernière ligne droite
Les deux derniers km se courent en ville, sur le trottoir. je suis toujours escortée par Urs qui prévient les gens pour qu'ils s'écartent. A ce moment-là, franchement, je me prends pour une championne. Je ne sens plus les jambes qui ont fait plus de 170 km dans cette belle montagne du Jura. Je cours, j'essaye de garder une foulée souple et régulière. Je continue à boire comme si la route était encore longue.
L'arrivée
Je suis sur mon petit nuage, il y a une explosion de sentiments et de sensations dans ma tête, je ne suis plus vraiment lucide. Je suis en train de finir ma première course à étapes, ma première course de montagne. C'est fort, c'est grand et quand je passe la ligne d'arrivée, les larmes me montent presquent aux yeux. Je suis HEU-REUSE. Il ne manque que Kristof pour parfaire ce beau tableau, alors je fais demi-tour et pars à son avance. Il arrive quelques instants plus tard, lui aussi très ému, lui aussi sur son nuage. Je le soupçonne de s'être de nouveau pris pour un elfe dans la forêt. Nous nous retrouvons, exténués mais comblés : quelle aventure !


Commentaires
1. Le lundi 23 juillet 2007 à 15:56, par pconvert
2. Le mardi 24 juillet 2007 à 11:04, par Bram van der Bijl
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